lundi 1 avril 2019

JOUR 2 : COIFFY-LE-HAUT - LAMARCHE Haute-Marne et Vosges (28km) 
ville et village traversés : Bourbonne-les-Bains –Serqueux 


Nous traversons une région de forêts. 
En cette saison, la forêt est dénudée sous les premiers rayons printaniers du  soleil.
L’été, la traversée d’une forêt de feuillus est un moment bien souvent silencieux et sombre. Les feuilles adoucissent les bruits, tamisent le soleil, conservent la fraicheur. Les oiseaux semblent se refugier autour des clairières délaissant le cœur de la forêt. Le randonneur a une visibilité limitée et doit bien souvent remettre un pull. 








Aujourd'hui, je découvre une autre ambiance. La lumière inonde le sol, les oiseaux pépient de bon cœur, les lunettes de soleil sont nécessaires et tout en marchant, je peux regarder au loin à  travers le feuillage vaporeux des premières pousses vertes . 
Les anémones tapissent le sol de leur collerettes blanches.





Dans quelques semaines, les feuilles auront habillé les chênes et les hêtres et transformeront leur territoire en cathédrale végétale.

dimanche 31 mars 2019

JOUR 1 :ORBIGNY-AU-MONT– COIFFY-LE-HAUT -Haute Marne (29km) 
villages traversés : Marcilly-en-Bassigny –Varennes-sur-Amance - Chézeaux

« La marche permet à la tête de s’aérer et à l’esprit de vagabonder. Je peux m’extasier face au tableau impressionniste que la lumière matinale compose de son pinceau évanescent en jouant avec la brume et les couleurs des prairies, en peignant avec le mouvement des feuilles ou … l’indifférence des nuages. » 
« Petite philosophie du marcheur »… 


Le 9 mars 2018, j’arrivais à Orbigny-au-Mont après avoir traversé la citadelle de Langres dans un froid venteux qui me faisait presser le pas. Un an après, c’est un tout autre ciel qui enlumine le plateau ce Langres réputé pour son rude climat. Aucun nuage, pas de vent, c’est un ciel azur qui m’accueille dans la lumière matinale,à l’endroit où j’avais terminé l’année passée. 











Les arbres ont encore conservé leur nudité hivernale. Les primevères tapissent les talus… Les oiseaux gazouillent avec bonheur mais le soleil a dû s’égarer dans le calendrier ou a-t-il pris au pied de la lettre le passage de l’heure d’hiver à l’heure d’été ? 









Je traverse le sud de la Haute-Marne plus exactement la communauté de communes du Pays de Chalindrey, de Vannier, Amance et la région de Bourbonne-les-Bains. Soixante-trois communes, 15 638 habitants soit 19,4 habitants au km². Sur les vastes prairies des plateaux, les troupeaux de moutons remplacent peu à peu les charolaises… 




De profondes petites vallées scarifient le plateau. La marne, cette roche argilocalcaire tendre, est un sol facile à éroder pour chaque petit cours d’eau. Il me faut monter ou plus exactement grimper plusieurs fois, randonner dans les bois et forêts ou longer de beaux pâturages, puis redescendre sur des pentes abruptes jusqu’à un petit ruisseau et recommencer. Pas de ferme éparpillée dans la campagne. La vie est regroupée dans les villages que je traverse.


Parfois, ils se font face à seulement deux kilomètres. Les villages sont quasiment restés dans leur jus. Pas de lotissement à l’entrée, pas de bâtiment en tôles laquées dans la zone d’activité… Les bâtisses traditionnelles composées de la maison d’habitation et d’une grange avec un grand portail se collent les unes aux autres créant ainsi un village rue. Seule une grande église en marque le centre. Les bars ou les boutiques sont trop souvent à vendre. Je découvre sur la place du villageVarennes-sur-Amance un magasin-épicerie associatif signe d’un nouveau dynamisme comme pour certaines maisons-granges qui se parent de façades embellies. 

jeudi 28 mars 2019

5ème étape

En passant par la Lorraine...


Une année s’est passée depuis notre dernier parcours.
Nous reprenons la route à Orbigny au Mont et allons remonter plein nord vers le Luxembourg et l’allemagne en suivant la Moselle.
Le départ est prévu dimanche 31 mars.



dimanche 11 mars 2018

ORBIGNY AU MONT







Le chemin prend fin ici pour ce mois de mars. Nous allons laisser passer l’été avant de reprendre la route qui nous fera traverser la Lorraine et remonter plus encore vers le nord. 

vendredi 9 mars 2018


JOUR 9: PERROGNEY-LES-FONTAINES - ORBIGNY-AU-MONT via LANGRES (33km) 





Langres, ville au passé glorieux



L’oppidum devenu cité féodale fortifiée, perchée sur une table calcaire avec un escarpement abrupt de plus 50 mètres, se targuait d’être imprenable. Cela s’est révélé exact car les remparts d’une longueur de trois kilomètres se dressent encore bien fièrement en 2018. Ce sont les plus beaux de France parait-il ? A l’époque féodale, Langres était une ville fort réputée. Elle est même devenue un « duché pairie » au XIIème siècle : l’évêque de Langres cumulait les titres et les charges de ducs et pair de la Couronne de France. La richesse patrimoniale de la ville intra-muros témoigne de son rayonnement religieux et artistique. 
Langres s’enorgueillit de l’enfant du pays: Denis Diderot et en tire  une fierté certaine. 



Malgré l’arrivée du train au milieu du 19ème siècle la reliant à la modernité, la ville ne put pas s’adapter. Ses heures de gloire étaient passées. Si le diocèse de la Haute-Marne s’appelle encore le diocèse de Langres, l’évêque a transféré ses services à Chaumont, la préfecture. Langres, ville puissante au temps féodal, place militaire vaillante face à l’ennemi prussien est restée amarrée au quai du passé. Une douce mélancolie m’envahit lors de mes pérégrinations dans les rues et ruelles aux noms souvent savoureux et aux bâtisses historiques. Les boutiques fermées, les maisons à vendre, le vent froid de mars plongent le visiteur dans l’embarras. 
Que faire pour inverser cette lente agonie ?



jeudi 8 mars 2018

JOUR 8: CHALMESSIN – PERROGNEY-LES-FONTAINES (32km)

 

Nous avons fait une halte la nuit dernière chez Marion et Alexandre. Un accueil très chaleureux, avec une bonne flambée qui nous attendait dans notre chambre. La discussion a porté sur le village

une rue à vendre...
Alexandre: « ici, nous sommes 25 habitants »
Chris:         «  25! mais il y a bien plus de 25   maisons! »
Alexandre: « oui mais regardez! toutes ces maisons autour de nous sont fermées »
Marion: «  Il y a plus de chats que d’habitants!»
Alexandre: «  non, plus maintenant... »
Marion: «  c’est vrai. J’oubliais...Le mois dernier, les chiens du village d’à côté ont fait une descente dans notre village et ont provoqué un massacre dans l’espèce féline... »
Alexandre: « les humains sont donc plus nombreux aujourd’hui »

Beaucoup de bâtiments sont à vendre ou abandonnés. La Haute-Marne souffre aussi de désertification. 

mercredi 7 mars 2018

JOUR 7: 2018- TARSUL – CHALMESSIN (Haute-Marne)… (31km)

L’Epoisse, ufromage sauvé par une famille bourguignonne
L’industrialisation et la généralisation des vaches frisonne après 1950, a failli avoir raison de ce fromage fort apprécié à la cour du roi Soleil. Le lait des « hollandaises » ne convenait pas à ce fromage à pâte molle et à forte teneur en matière grasse contrairement aux vaches traditionnelles les Tachetées de l’Est. Et comme l’industrie n’avait plus le temps de procéder à un lavage au Marc de Bourgogne, son compte était bon ! Il a fallu l’obstination d’une famille bourguignonne, la famille Berthaut, en 1956, pour relancer la fabrication de l’Epoisse. En 2018, ce sont cinquante-six agri-producteurs qui produisent 16,3 millions de litres dans le cadre d’une AOC. Seulement trois races de vaches sont autorisées : la Brune, la Montbéliarde et la Simmental Française… Entre temps la vache historique connue par le nom « Tachetée de l’Est » a changé de nom. Elle a été dénommée la « Pie Rouge de l’Est » en 1960. Jamais deux sans trois, n’est-ce pas ? En 1993, nouvelle appellation : elle devient la « Simmental Française » … La nomenclature internationale est passée par là…


Aujourd’hui, ce sont les giboulées qui m’accompagnent. Nous sommes bien au mois de mars.
Le paysage que je traverse est une campagne vallonnée, aux courbes douces. Jusqu’à mi-pente, les restants des cultures de colza, blé couvrent le sol. Sur les hauteurs , la masse sombre des feuillus dénudés et des sapins  couronne l’espace. Tantôt, je marche à la lisière des frondaisons,  longeant les clôtures, tantôt je traverse les bois sur des sentiers qui se hissent tranquillement vers les sommets.