lundi 1 avril 2019
dimanche 31 mars 2019
JOUR 1 :ORBIGNY-AU-MONT– COIFFY-LE-HAUT -Haute Marne (29km)
villages traversés : Marcilly-en-Bassigny –Varennes-sur-Amance - Chézeaux
« La marche permet à la tête de s’aérer et à l’esprit de vagabonder. Je peux m’extasier face au tableau impressionniste que la lumière matinale compose de son pinceau évanescent en jouant avec la brume et les couleurs des prairies, en peignant avec le mouvement des feuilles ou … l’indifférence des nuages. »
« Petite philosophie du marcheur »…
Le 9 mars 2018, j’arrivais à Orbigny-au-Mont après avoir traversé la citadelle de Langres dans un froid venteux qui me faisait presser le pas. Un an après, c’est un tout autre ciel qui enlumine le plateau ce Langres réputé pour son rude climat. Aucun nuage, pas de vent, c’est un ciel azur qui m’accueille dans la lumière matinale,à l’endroit où j’avais terminé l’année passée.
Les arbres ont encore conservé leur nudité hivernale. Les primevères tapissent les talus… Les oiseaux gazouillent avec bonheur mais le soleil a dû s’égarer dans le calendrier ou a-t-il pris au pied de la lettre le passage de l’heure d’hiver à l’heure d’été ?
Je traverse le sud de la Haute-Marne plus exactement la communauté de communes du Pays de Chalindrey, de Vannier, Amance et la région de Bourbonne-les-Bains. Soixante-trois communes, 15 638 habitants soit 19,4 habitants au km². Sur les vastes prairies des plateaux, les troupeaux de moutons remplacent peu à peu les charolaises…
De profondes petites vallées scarifient le plateau. La marne, cette roche argilocalcaire tendre, est un sol facile à éroder pour chaque petit cours d’eau. Il me faut monter ou plus exactement grimper plusieurs fois, randonner dans les bois et forêts ou longer de beaux pâturages, puis redescendre sur des pentes abruptes jusqu’à un petit ruisseau et recommencer. Pas de ferme éparpillée dans la campagne. La vie est regroupée dans les villages que je traverse.


Parfois, ils se font face à seulement deux kilomètres. Les villages sont quasiment restés dans leur jus. Pas de lotissement à l’entrée, pas de bâtiment en tôles laquées dans la zone d’activité… Les bâtisses traditionnelles composées de la maison d’habitation et d’une grange avec un grand portail se collent les unes aux autres créant ainsi un village rue. Seule une grande église en marque le centre. Les bars ou les boutiques sont trop souvent à vendre. Je découvre sur la place du villageVarennes-sur-Amance un magasin-épicerie associatif signe d’un nouveau dynamisme comme pour certaines maisons-granges qui se parent de façades embellies.
De profondes petites vallées scarifient le plateau. La marne, cette roche argilocalcaire tendre, est un sol facile à éroder pour chaque petit cours d’eau. Il me faut monter ou plus exactement grimper plusieurs fois, randonner dans les bois et forêts ou longer de beaux pâturages, puis redescendre sur des pentes abruptes jusqu’à un petit ruisseau et recommencer. Pas de ferme éparpillée dans la campagne. La vie est regroupée dans les villages que je traverse.


Parfois, ils se font face à seulement deux kilomètres. Les villages sont quasiment restés dans leur jus. Pas de lotissement à l’entrée, pas de bâtiment en tôles laquées dans la zone d’activité… Les bâtisses traditionnelles composées de la maison d’habitation et d’une grange avec un grand portail se collent les unes aux autres créant ainsi un village rue. Seule une grande église en marque le centre. Les bars ou les boutiques sont trop souvent à vendre. Je découvre sur la place du villageVarennes-sur-Amance un magasin-épicerie associatif signe d’un nouveau dynamisme comme pour certaines maisons-granges qui se parent de façades embellies. jeudi 28 mars 2019
dimanche 11 mars 2018
vendredi 9 mars 2018
JOUR 9: PERROGNEY-LES-FONTAINES - ORBIGNY-AU-MONT via LANGRES (33km)
Langres,
ville au passé glorieux
L’oppidum devenu cité
féodale fortifiée, perchée sur une table calcaire avec un
escarpement abrupt de plus 50 mètres, se targuait d’être
imprenable. Cela s’est révélé exact car les remparts d’une longueur
de trois kilomètres se dressent encore bien fièrement en 2018. Ce
sont les plus beaux de France parait-il ? A l’époque
féodale, Langres était une ville fort réputée. Elle est même
devenue un « duché pairie » au XIIème siècle :
l’évêque de Langres cumulait les titres et les charges de ducs et pair de la Couronne de France. La richesse patrimoniale de la ville
intra-muros témoigne de son rayonnement religieux et
artistique.
Langres s’enorgueillit de l’enfant du pays: Denis Diderot et en tire une fierté certaine.
Malgré l’arrivée du train au milieu du 19ème
siècle la reliant à la modernité, la ville ne put pas s’adapter. Ses heures de gloire étaient passées. Si le
diocèse de la Haute-Marne s’appelle encore le diocèse de Langres,
l’évêque a transféré ses services à Chaumont, la préfecture.
Langres, ville puissante au temps féodal, place militaire vaillante
face à l’ennemi prussien est restée amarrée au quai du passé.
Une douce mélancolie m’envahit lors de mes pérégrinations dans
les rues et ruelles aux noms souvent savoureux et aux bâtisses
historiques. Les boutiques fermées, les maisons à vendre, le vent
froid de mars plongent le visiteur dans l’embarras. Que faire pour inverser cette lente agonie ?
jeudi 8 mars 2018
JOUR 8: CHALMESSIN – PERROGNEY-LES-FONTAINES (32km)
Nous avons fait une halte la nuit dernière chez Marion et Alexandre. Un accueil très chaleureux, avec une bonne flambée qui nous attendait dans notre chambre. La discussion a porté sur le village
Chris: « 25! mais il y a bien plus de 25 maisons! »
Alexandre: « oui mais regardez! toutes ces maisons autour de nous sont fermées »
Marion: « Il y a plus de chats que d’habitants!»
Alexandre: « non, plus maintenant... »
Marion: « c’est vrai. J’oubliais...Le mois dernier, les chiens du village d’à côté ont fait une descente dans notre village et ont provoqué un massacre dans l’espèce féline... »
Alexandre: « les humains sont donc plus nombreux aujourd’hui »
Beaucoup de bâtiments sont à vendre ou abandonnés. La Haute-Marne souffre aussi de désertification.
mercredi 7 mars 2018
JOUR 7: 2018- TARSUL – CHALMESSIN (Haute-Marne)… (31km)
L’Epoisse, un fromage
sauvé par une famille bourguignonne

L’industrialisation et la généralisation des vaches
frisonne après 1950, a failli avoir raison de ce fromage fort
apprécié à la cour du roi Soleil. Le lait des « hollandaises »
ne convenait pas à ce fromage à pâte molle et à forte teneur en
matière grasse contrairement aux vaches traditionnelles les
Tachetées de l’Est. Et comme l’industrie n’avait plus le temps
de procéder à un lavage au Marc de Bourgogne, son compte était bon !
Il a fallu l’obstination d’une famille bourguignonne, la famille
Berthaut, en 1956, pour relancer la fabrication de l’Epoisse. En
2018, ce sont cinquante-six agri-producteurs qui produisent 16,3
millions de litres dans le cadre d’une AOC. Seulement trois races
de vaches sont autorisées : la Brune, la Montbéliarde et la
Simmental Française… Entre temps la vache historique connue par
le nom « Tachetée de l’Est » a changé de nom. Elle a
été dénommée la « Pie Rouge de l’Est » en 1960.
Jamais deux sans trois, n’est-ce pas ? En 1993, nouvelle
appellation : elle devient la « Simmental Française »
… La nomenclature internationale est passée par là…
Aujourd’hui, ce sont les giboulées qui m’accompagnent. Nous sommes bien au mois de mars.Le paysage que je traverse est une campagne vallonnée, aux courbes douces. Jusqu’à mi-pente, les restants des cultures de colza, blé couvrent le sol. Sur les hauteurs , la masse sombre des feuillus dénudés et des sapins couronne l’espace. Tantôt, je marche à la lisière des frondaisons, longeant les clôtures, tantôt je traverse les bois sur des sentiers qui se hissent tranquillement vers les sommets.
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