dimanche 7 avril 2019

JOUR 8 : JEZAINVILLE - METZ Meurthe-et-Moselle (34km) 
Villes ou villages traversés :Blenod-lès-Pont-à Mousson- Montauville –Norroy-lès-Pont-à-Mousson – Vandière – Pagy-sur-Moselle- Novéant-sur-Moselle- - Corny-sur-Moselle - Jouy-aux- Arches-Moulin –lès-Metz- Montigny-Les-Metz 


Surprises sur les bords de la Moselle

  

Les lorrains ont depuis fort longtemps domestiqué la Moselle. 
L’actuel chenal canalisé à grand gabarit a succédé à un premier canal. Ce dernier persiste ça et là quand il n’a pas été comblé par des déchets des carrières voisines. Est-ce ces gigantesques travaux entrepris depuis plus de deux siècles qui ont créé les bras morts, les mares et les marécages que le chemin surplombe régulièrement ? Les anciennes digues, les vieux chemins de halage ou les voies ferrées abandonnées des bords de la Moselle ou des anciens canaux sont devenus de superbes voies vertes réservées aux piétons et aux bicyclettes. Ils font, maintenant, le bonheur des cyclistes et des coureurs à pied.













 En arrivant en face du bourg d’Ancy-Dornot, la voie verte louvoie entre des bras morts et des étangs qui semblent languir à côté de leur rivière nourricière. Leurs rives ont été prises d’assaut par des lignées de pêcheurs qui y ont construit cabanons, barbecues et salons d’été. Autour d’un étang, le nombre de ces résidences de fortune m’incite à penser que la pêche n’est plus le seul intérêt à ces petits coins de bonheur faute de ressource halieutique suffisante. A voir le nombre de fumées des barbecues, il me semble que c’est simplement le plaisir de festoyer en plein air entre copains ou en famille qui fait la richesse de ces « marinas populaires ». 







Avec Zian
En arrivant en début d’après-midi à Metz, la voie verte devient de plus en plus fréquentée et longe les péniches à quai. Des familles se promènent après le déjeuner dominical. Des personnes plus âgées font leur marche sanitaire. Peu de joggeurs déjà rentrés, pas de jeunes qui doivent entamer leur brunch… 
Quand j’arrive auprès d’un adolescent en vue de le dépasser, je m’aperçois qu’il augmente son rythme. Arrivé à son niveau, il se met à marcher à ma vitesse pour que je ne puisse pas le dépasser. Nous marchons ainsi côte à côte pendant près 500m. J’apprends qu’il s’appelle Zian et me dit  : 
- "c’est bien la première fois qur je vois quelqu’un qui aime marcher ». 
Surpris par la présence de ma carte, Il est ébahi par mon périple pédestre et découvre l’existence des GR. En me quittant il me confie  qu’il aime bien marcher lui aussi.






NANCY


Et bien sûr, notre visite commence par cette fameuse place Stanislas, une des plus belles places d’Europe dit-on. 
C’est vrai que les dorures de ses portes de ses fontaines scintillent sous le soleil et qu’elle mérite son nom de place aux portes d'or.
Elle fut construite pas Stanislas, beau-père de Louis XV. Ancien roi de Hongrie qui devint Duc de Lorraine. Dans son prolongement, la place de la Carrière et le palais du Gouvernement s’ouvrent sur la vieille ville médiévale.  











samedi 6 avril 2019

JOUR 7 : VILLEY-St-ETIENNE – JEZAINVILLE  Meurthe et Moselle via NANCY (31km) 
Villes ou villages traversés :Liverdun – Saizerais – St Georges – Dieulouard- 



Je suis le GR 5F qui me fais cheminer tantôt sur les côteaux, tantôt sur les bords de la Moselle. La rivière est déjà bien large. Le sentier bifurque et me fait éviter Nancy et sa banlieue commerciale et industrielle. 
Après la marche du matin, nous prenons donc un bus pour aller découvrir cette ville royale. 

vendredi 5 avril 2019

TOUL

En arrivant à Toul, le regard se pose immédiatement sur les remparts. Ils cernent la ville depuis le XVIII° siècle quand Vauban entreprit de fortifier plusieurs cités lorraines. Toul est la seule ville à garder cette enceinte protégeant des casemates, des magasins de vivres...










Et puis, émergeant des pierres et se reflétant dans les douves, la cathédrale Saint Etienne. C’est Saint Gerard, patron de la ville de Toul, qui posa le première pierre de cette construction.







JOUR 6 : RIGNY-SAINT-MARTIN - VILLEY-SAINT-ETIENNE Meurthe et Moselle(35km) 

Villes ou villages traversés : Choloy-Ménillot –Ecrouves –Toul - 


Interlude de la marche à pied



Mes premières foulées ce matin se font dans une atmosphère vaporeuse et froide. Le thermomètre flirte avec le 0 Celsius et le soleil a bien des difficultés à déchirer la brume. La forêt semble être endormie. Mes pas bruissent sur le sol printanier encore dénudé. Je surprends un lièvre  qui me regarde et déguerpit immédiatement. Par contre, un peu plus loin sur le sentier, un jeune chevreuil cherche de jeunes pousses d’herbe. Je m’arrête, je sors tout doucement mon appareil photo. Il ne bouge toujours pas. J’appuie délicatement sur le déclencheur. Il semble faire la pose. J’essaie alors de m’approcher mais mon mouvement le fait fuir et sautant dans le fourré, il disparait à l’abri de la forêt.
















La Moselle


A Toul, je découvre les berges de la Moselle. Important affluent du Rhin, elle est soit domptéepar un large canal latéral soit canalisée. Les barrages, les écluses, les ponts, les levées révèlent les travaux gigantesques qui ont été entrepris pour permettre la navigation des bateaux rhénans de 1 500 tonnes. Je rentre dans un monde urbanisé et industriel. Mais cette large rivière conserve aussi des passages plus sauvages. Pendant des millénaires elle a creusé son lit, créant parfois des berges abruptes sur lesquelles des villages se sont blottis. La Moselle va devenir ma boussole pendant plus de 300 km jusqu’à sa confluence avec le Rhin à Koblenz (Coblence) en Allemagne. 





jeudi 4 avril 2019

JOUR 5 :  DOMREMY LA PUCELLE – RIGNY-SAINT-MARTIN Meuse (26 km) 
villages traversés : Greux- Goussaincourt – Taillancourt – Champougny – Sepvigny – Chalaines 


Après deux jours passés dans les Vosges, je vais faire une étape en Meuse. Demain, ce sera la Meurthe-et Moselle et après demain la Moselle. Je n’utilise pas des bottes de sept lieues mais je parcours les départements aisément. Les découpages administratifs présentent des mystères. De vieilles histoires de duchés et d’évêchés l’expliqueraient facilement . Le département de Meuthe-et Moselle a une carte pour le moins surprenante. C’est sans doute une des conséquences de l’histoire conflictuelle avec son voisin allemand. 




Une journée sous la pluie

Ce matin, le ciel refusait de se lever. 
C’est sous une pluie froide et des nuages noirs bien menaçants que j’ai gravi la crête de Greux. Bien protégé par une parka imperméable de marin et un sur-pantalon, je peux marcher serein. Il me faut enlever les lunettes à cause de la buée provoquée par l’effort. Je me concentre sur le chemin puisque l’écoulement de l’eau et la gadoue deviennent des pièges potentiels. Telles des œillères, ma capuche limite ma vision. Moins distrait par le paysage qui, lui aussi, fait grise mine, mes pas vont bon train. Les villages semblent déserts. Une rare personne croisée, un joggeur qui a osé braver les éléments à moins qu’il ne se prépare à un trek en Laponie. Les vaches semblent vouloir déjà rentrer à l’étable. Seuls les oiseaux se dissocient de la morosité ambiante. Ils ont tant à faire en ce début de printemps. 
Je marche donc d’un bon pas.
 Après avoir franchi deux crêtes, 
je côtoie la Meuse, tantôt sur sa droite, 
d’autres fois sur sa gauche.
 Je la longe puis le chemin m’en éloigne. 
Il est midi et demi, je suis arrivé au point d’étape. 
En moins de 4h30, j’ai parcouru vingt-six kilomètres.
Finalement, la pluie fait bien avancer le marcheur. 





UNE JOURNEE DE PLUIE... (Chris)


Il pleut... d’une pluie froide qui ne m’incite pas à sortir...
Dans mes lectures, je découvre ce poème d’Antonio Machado:




«  Voyageur, ce sont tes pas
le chemin et rien d’autres.
Voyageur, il n’y a pas de chemin,
le chemin se fait en marchant.
Le chemin se fait en marchant
et quand on ouvre les yeux en arrière,
on voit le sentier que jamais
on ne doit à nouveau fouler.
Voyageur, il n’est pas de chemin,
rien que des sillages sur la mer. »







En soirée, le soleil a refait son apparition. Sur les mirabelliers apparaissent les premières fleurs et Chantal, notre hôtesse nous régale de la production de l’an passé. 

      Petite note de bonheur...