lundi 23 septembre 2024

Florence et Buonconvento 

Avant de reprendre le chemin pédestre de St François, nous faisons une halte à Florence. Capitale de la Toscane, cette riche cité des Médicis attire les touristes. Levés tôt, nous pouvons admirer tranquillement la célébrissime cathédrale, son baptistère et son clocher, tous parés de marbre, de majestueuses sculptures et fines mosaïques. 

Au fur et à mesure que nous déambulons dans les rues entourant le ponte Vecchio, les rues se noircissent de piétons. 

Entre les énormes valises cahotant sur leurs roulettes, les taxis roulant comme ils peuvent et les nombreux groupes entourant leurs guides agitant leur drapeau, les marchands de souvenirs débordant des trottoirs, nous devons faire attention et avons du mal à lever les yeux pour admirer les chefs d’oeuvres architecturaux. A 10h30, la place de la cathédrale déborde de monde. 

Nous devons prendre le train pour Sienne puis Buenconvento où nous rejoignons le chemin d’Assise. L’immense gare de Florence est encombrée de passagers. Il faut se précipiter et se frayer un chemin entre les grosses valises des touristes pour rejoindre le train

A Sienne, la correspondance vers Buonconvento est  annulée. On comprend qu'il y aura un car qui va assurer le relais. Il faut être aux aguets, car les messages se transmettent par oral entre voyageurs dans le pittoresque chatoiement de l’italien . Après une heure de doutes, un bus arrive et nous conduit dans ce village toscan qui a conservé bien du charme . Buonconvento ne veut-il pas dire : «  endroit heureux et chanceux » ? 

mardi 10 septembre 2024


Et nous voici sur la dernière étape des chemins d'Assise...
Lundi 23 septembre nous arriverons à Buenconvento en Toscane. Nous aborderons l'Ombrie  en longeant par le sud le lac Trasimento avant d'arriver à Assise.







 

vendredi 14 juin 2024

Vendredi 14 juin 2024 - Susa 

 Ville créée par les Celtes, d’abord opposée à l’Empire Romain, elle s’associe plus tard à César pour la guerre des Gaules. Susa a conservé d’importants ouvrages de l’époque romaine ( 150 et 300 ans après JC).



Le syncrétisme architectural crée une atmosphère originale. La solide cathédrale romane s’appuie sur les restes d’un rempart romain. Un chapelle baroque est adossée à une tour médiévale.






La ville rassemblée sur elle-même, sillonnée de ruelles et de passages couverts, révèle aux promeneurs ses nombreuses églises et chapelles. 



Le chemin d’Assise déambule dans cette cité piémontaise pour conduire le pèlerin vers Turin. 

Nous terminons ainsi notre chemin en prenant le train. Le reprendrons-nous dans l’automne? 

jeudi 13 juin 2024



Jeudi 13 juin 2024 - Grand Croix - Frontière France-Italie - Moncenisio - Novalesa - Sant’Anna - San Rocco - Venaux - Susa

24km et 1400m de dénivelé négatif.

L’hôtel de cette nuit est surprenant. Une grande bâtisse cubique en béton des années 50/60 posé sur le plateau d’herbes rases à 1900 m d’altitude au pied du barrage du lac du Mont-Cenis. Nous avons l’impression d’aller vers un bâtiment de l’époque soviétique. Ce sont les anciens locaux de la construction du barrage qui ont été transformés en hôtel-restaurant. Par contre, à l’intérieur l'ambiance est très conviviale renforcée par un accueil très sympathique du couple hôtelier. Notre a-priori se trouve une nouvelle fois pris en défaut. 


Ce matin, départ pour la descente (- 1400m) vers Susa dans le froid. 



La vallée est très abrupte limitant fortement les possibilités de chemin, nous allons donc beaucoup marcher sur une route à vrai dire très peu passagère. 

A une petite pause, peu avant le premier village italien (Moncenisio), un couple de randonneurs nous rejoint. Nathalie et Emmanuel font aussi le chemin d’Assise. Après un temps d’échange, nous faisons route commune et on parle…on parle…


on descend… on descend jusqu’à un torrent qui nous barre la route. L’évidence est la: nous nous sommes trompés de chemin.  Il faut faire marche arrière, c'est à dire regrimper ce que nous avons descendu allègrement… Nous poursuivons le chemin à notre rythme et avec vigilance cette fois.

Au fur et mesure de notre descente, la température grimpe et le soleil se fait plus fort. 

L’enchevêtrement des maisons, la variété des couleurs, les porches ou arcades en pierre, les chapelles et églises colorées et le chatoiement de l’italien sont un régal. 


Beaucoup de peintures encore sur les maisons.




Nous découvrons avec bonheur des points publics eau, nous permettant de remplir nos gourdes avec de l’eau fraîche.Nous arrivons à Susa, fatigués mais heureux d’avoir terminé cette étape du chemin


Avec Nathalie , nous arrosons notre arrivée à Susa

mercredi 12 juin 2024

Mercredi 12 juin 2024 - Refuge du Suffet (1700m) - col du Petit Monts Cenis (2187) - Grand Croix (barrage du lac Cenis) - 17km - 600m de dénivelé positif 

Au refuge: ni réseau ni wifi. Nous étions les seuls hôtes. Céline nous accueille avec grande gentillesse. Toutes les conditions étaient réunies pour passer une nuit reposante sous la couette et les couvertures car le froid pique à cette altitude. 

Ce matin habillés chaudement nous partons, dans le brouillard, franchir le col du Petit Mont Cenis qui culmine à 2187m. Nous continuons à suivre le chemin qu’aurait emprunté Hannibal voici 2 330 ans. De la voie économique et militaire jusqu'à l’époque napoléonienne, il ne reste plus rien du chemin carrossable. L’érosion et surtout des éboulements l’ont bien abîmé. La roche semble très friable. Les parois de la montagne sont souvent à pic. 

Sur environ 4 kilomètres, nous allons gravir 500m. Parfois, le chemin se perd dans les éboulements. Nous nous repérons aux petits cairns que les grimpeurs précédents ont élevé. Les arbres tombés ne facilitent pas la montée. Mais la marche nous réchauffe.

Après 2h30 d’ascension nous arrivons au col, heureux et plutôt satisfaits de la montée. 

Comme par enchantement, le brouillard se dissipe en partie laissant quelques rayons de soleil nous réchauffer. 

Les couleurs foisonnantes des fleurs des alpages nous émerveillent. Nous prenons le temps de savourer ces couleurs et le jeu de lumières avec les nuages et la montagne enneigée.

Les marmottes s’amusent dans les herbes, arrêtent leur jeu curieuses de voir ces randonneurs passer. Nous en avons vu une bonne cinquantaine sur notre parcours.

Nous longeons le lac artificiel du Mont-Cenis sur plusieurs kilomètres. 



Notre hôtel se trouve juste en dessous du barrage de pierre. Nous espérons que les marmottes ne vont pas creuser cette nuit des galeries ! 


Mardi 11 juin 2024 - Modane - Villarodin - Bramans - Refuge du Suffet sur le Mont Cenis - 22 km - 1045m de dénivelé positif 

Depuis St Jean de Maurienne, nous passons de 550 m d’altitude à 1080 m à Modane puis 1700m au refuge de ce soir.

Modane s’est développée autour de sa gare et de la douane qui étaient très actives jusqu'aux années 60/70. Mais actuellement , à cause d’éboulement à quelques kilomètres en aval, plus aucun train ne circule depuis le 27 août dernier. 

A la sortie de Modane, nous longeons sur plus d’un kilomètre, un centre opérationnel et une base de vie du chantier du tronçon souterrain (52 km) de la ligne ferroviaire Lyon-Turin. C’est une petite ville en modules préfabriqués: des résidences pour les salariés, des bureaux, des centres techniques, des ateliers, des garages, des routes, une usine à béton…



Nous prenons un chemin forestier qui va monter vers la commune de Villarodin qui se situe sur l’ubac de la vallée. 



Plus loin, nous apercevons un terrain grillagé avec interdiction d’entrer, à l’intérieur des bâtiments en béton de type industriel et des citernes de gaz. Nous nous arrêtons pour regarder quand tout à coup un sirène se déclenche suivi d’un énorme bruit qui nous terrifie et nous fait mal aux oreilles. On a l’impression que plusieurs avions à réaction se préparent à décoller. Nous déguerpissons et essayons de nous protéger au cas où nous serions au mauvais moment au mauvais endroit. Au bout de 10 mn, ce vacarme cesse. C'est en arrivant au village prochain que nous avons une explication. C’est un centre de recherche de soufflerie de l’aérospatiale. On y teste les effets des hélices, des ailes et autres éléments des avions ou fusées. Ce centre utilise la capacité énergétique de la chute d’eau provenant des lacs des montagnes environnantes.

Après cette frayeur, nous retrouvons le calme de la montagne. Nous quittons la vallée de l’Arc pour prendre celle de l’Ambin. Nous n’avons plus de bruit provenant des routes. Seul à midi, les cloches des différents villages se répondent

L’Ambin dévale des sommets avec fougue. Son eau est claire et creuse de profondes gorges dans le gypse de la montagne. Nous apercevons d’ailleurs une usine de plâtre dans le fond de la vallée. Nous croisons de multiples cascades et torrents qui débordent sur le chemin. Il faut parfois se déchausser.



A Bramans, nous prenons le chemin d’Hannibal qui y est passé avec ses éléphants et ses 25 000 hommes. 



Un pélerin rempli de dévotion n’avancerait pas vite vu le nombre de chapelles ou d’oratoires que nous dépassons. Certaines valent le coup de s’y arrêter. 


Nous avons mis nos lunettes de soleil en partant ce matin. C’est la première journée qu’on les garde jusqu'à notre arrivée dans le refuge qui nous accueille ce soir. Enfin, une journée de beau temps.




lundi 10 juin 2024



Lundi 10 juin 2024 - St Michel-de-Maurienne - Orelle - La Fusine - Bon Villard - Modane - 24 km et 1050m de dénivelé positif

Hier soir, triste soirée électorale exceptée quelques communes comme Redon ou Rennes qui n’ont pas placé les populistes en tête. 

Ce matin, nous avons dû prendre le train entre St Jean-de-Maurienne et St Michel de Maurienne car les chemins entre ces deux villes sont très perturbés à cause des travaux du futur tunnel ferroviaire reliant Turin. 

Pour les premiers kilomètres, nous longeons la voie ferrée, fermée depuis l’année passée à cause d’un énorme éboulement survenu le 27 août 2023. Notre chemin va et vient dans le tissage que forme la rivière l’Arc, la ligne ferroviaire , l’autoroute et la route nationale.



Dès le village d’ Orelle, nous grimpons sur l’adret de la Vanoise, prenant peu à peu de l’altitude.  Les versants de la montagne étant très abrupts, nous dominons l’ entrelacs des voies routières et ferroviaires qui peinent à se caler dans le fond de la vallée. 

Seul, l’Arc fait bouillonner ses eaux noires chargées de poussières de schiste ardoisier. 

















Nous allons de hameaux en hameaux. Dans chaque lieu-dit, nous retrouvons les maisons au toit de lauzes, le lavoir avec l’eau fraîche et buvable, la chapelle.



Notre chemin est régulièrement traversé par les torrents qui descendent des neiges d’altitude et ponctué de croix, de calvaire.



Pour arriver à Modane, notre choisissons un raccourci qui nous rallonge de deux kilomètres…Mauvais choix, n’est ce pas?